Un (nouveau) cœur pour l’Évangile

 

Je me souviens du début de ma marche chrétienne, presque 20 ans passés, de mes premières années après avoir cru en Jésus. Après avoir entendu le message de l’Évangile quelques fois, de différentes personnes, je l’ai finalement reçu, ainsi recevant la vie éternelle et une communion avec Dieu lui-même!

L’amour de Dieu a bouleversé ma vie. L’Esprit Saint est venu sur moi comme un souffle, amenant la vie à mon être et me donnant un cœur nouveau. Mes péchés sont pardonnés, cloués à la croix! J’ai vite appris que Jésus est la solution à tous mes maux, mais aussi pour mon entourage. En regardant autour de moi mon cœur était ému de compassion pour tous et je ne pouvais faire autrement que de leur parler de Jésus. J’allais dans la rue partager la Bonne Nouvelle aux passants, itinérants, prostituées. Je parlais de Dieu à mes collègues de classe, mes amis, ma famille, car tous ont besoin de Dieu.

Que m’est-il arrivé depuis ?

J’ai manqué de sagesse dans le passé en partageant l’Évangile et j’ai dit bien des bêtises au nom du Seigneur. J’ai parfois ouvert la bouche pour parler de Dieu par ma propre chaire et non étant guidée par l’Esprit, et j’ai bien peur d’avoir fermé des portes plutôt que de les avoir ouvertes pour l’Évangile. Avec la maturité je me suis aperçu de l’importance de parler avec sagesse, aux moments où Dieu me guide à le faire. Mais aujourd’hui il me semble que j’ai trop d’excuses et que je n’ouvre plus la bouche pour parler de l’Évangile même. La peur d’offenser ou de me tromper me paralyse.

Au début de ma marche chrétienne, j’étais étudiante, jeune et ignorante de bien des choses. Il est vrai que j’ai grandi en sagesse divine depuis, ainsi qu’en connaissances générales. J’ai plus de vécu aussi. Je m’aperçois que la « sagesse du monde », si je ne fais pas attention, vient parfois me convaincre de certains mensonges, et je doute (mais sans le dire) de ce qui est écrit dans la Bible par rapport à l’homosexualité, le concubinage, le divorce par exemple. Une personne ouverte d’esprit peut-elle vraiment croire et prêcher entièrement ce que dit la Bible ? Eh oui, je finis toujours par réajuster mes pensées selon la Parole de Dieu (1 Corinthiens 3.19; 2 Corinthiens 10.5; Romains 3.4), mais entre-temps cela aurait-il fait de moi quelqu’un qui a quelque peu honte de ce qu’enseigne la Bible ? Est-ce là aussi une raison pour quoi je partage moins l’Évangile ?

L’apôtre Paul écrit au début de l’épitre aux Romains: « Car je n’ai point honte de l’Évangile: c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (…) » (Romains 1.16). Ai-je honte de l’Évangile ? Est-ce que je crois toujours en sa puissance ?

Pour être honnête, mes yeux d’humain voient les gens comme de « bonnes personnes » qui dévient un peu de la bonne voie, plutôt que de les considérer comme perdus, sans Dieu, voire pervers et ennemis de Dieu. Il est dit dans Romains 3.23 : « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » Est-ce que je vois les gens autour de moi selon ce que me dit la Bible ? Ai-je oublié ce qu’est être privé de la gloire de Dieu ? Être destiné pour l’enfer ?

En regardant autour de moi, mon cœur est ému de compassion divine. Je remercie Dieu que son amour est encore bien présent en moi. Sauf que ma compassion me pousse rarement à l’évangélisation.

Mon « évangélisation » se limite à ceci : je leur fais un sourire, je suis gentille, et si je suis audacieuse ce jour-là je leur promets une prière (que j’oublie parfois même de faire). Je ne me résigne qu’à « briller » pour Jésus, sans pour autant m’ouvrir la bouche pour parler de l’Évangile. Comme si les gens viennent à croire en Jésus simplement par un genre d’osmose spirituelle. Est-ce là vraiment de l’amour divin ? Non ! Je dois surtout ouvrir ma bouche pour qu’ils puissent entendre la Bonne nouvelle!

« Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? » (Romains 10.14)

Le moment de vérité

Quelques années passées, l’Esprit de Dieu m’a parlée, et après avoir eu le courage de le laisser sonder mon cœur et de faire une honnête introspection, je vins à la percutante réalisation que j’avais honte de l’Évangile.

Comment ai-je pu errée si loin après avoir reçu le don de la vie éternelle ? Comment suis-je arrivée au point où je gardais égoïstement ce précieux trésor uniquement pour moi ? Cela m’a fait mal que de reconnaitre que les années m’avaient transformée passant d’évangéliste à poule mouillée égoïste.

Qu’ai-je fais au moment où Dieu m’a parlée ? Eh bien, je me suis repentie. J’ai pleuré amèrement devant le Seigneur et j’ai admis ma faute. Je Lui ai demandé de me changer pour répandre l’amour aux personnes qui périssent autour de moi.

Et qu’a-t-il fait ? Dieu a répondu. Il a infusé un nouveau cœur et un nouvel élan pour l’évangélisation.

Je dois admettre que je suis dans un cheminement : je recommence à partager l’Évangile peu à peu, par la grâce de Dieu. Je continue à briller par mes actions pour le Seigneur et je me laisse guider par Lui pour savoir quand je dois m’ouvrir la bouche. Lorsqu’Il me dit d’ouvrir la bouche, je suis obéissante la plupart du temps. Lorsque je désobéis je me repens et j’obéis la prochaine fois.

Un livre qui m’a beaucoup aidé dans ce cheminement est le dévotionnel de Jérémy Sourdril intitulé 365 jours au cœur du monde : enflammé votre cœur pour les perdus (2016). Dans ce livre, l’auteur admet que Dieu l’a appelé à élever une armée d’évangéliste tandis qu’il ne l’était pas encore lui-même. Il partage honnêtement son cheminement vers une meilleure compréhension de l’Évangile (ou un rappel de ce que les Écritures disent au sujet du monde et de la Bonne nouvelle) et une obéissance renouvelée à partager l’Évangile. Je me suis beaucoup retrouvée dans ces pages, et ses enseignements m’ont poussée à me questionner davantage.

Dans un autre enseignement sur le site de Enseigne-moi Canal International (EMCI), Jérémy Sourdril nous appelle à nous demander où nous sommes par rapport à ce qu’il appelle les 7 différents niveaux d’investissement pour le salut des âmes. Cela nous montre qu’il est important de sonder nos cœurs de temps à autre pour voir où nous sommes par rapport à la mission de Matthieu 28.19-20 commandée par Jésus : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Cela est justement une partie centrale de la nouvelle vision de mon église. Après un processus de réévaluation, on s’est aperçu que le leadership de notre église n’était pas réellement centré sur la grande mission. Nous avons décidé, en tant qu’église, de nous repentir de notre manque d’obéissance à ce mandat divin d’évangéliser et de faire de nouveaux disciples. Depuis, nous plaçons plus l’accent sur l’évangélisation personnelle, les activés d’évangélisation et les évènements-ponts qui cherchent à ce que les gens de notre communauté franchissent les portes de l’église et y entendent la Bonne nouvelle. Je me place au milieu de tous ces évènements car ils me donnent l’occasion d’évangéliser d’une part, et d’autre part d’encourager les autres autour de moi à faire de même.

Certes, j’ai encore bien du chemin à faire dans ce domaine de ma vie chrétienne. Je continue à semer des graines et à prier Dieu pour du fruit éternel. Je veux voir les âmes autour de moi venir à Dieu. Alors je me remets à Dieu étant « (…) persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre [et aussi en moi et par rapport au partage de l’Évangile autour de moi] la rendra parfaite pour le jour de Jésus Christ. » (Phil 1.6)

 

Nathalie Martin

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