Sabie Paris : À force de foi et de détermination

Je m’appelle Sabie Paris, j’ai 27 ans. Je suis originaire de Port-au-Prince (Haïti) et actuellement étudiante en maitrise à l’Université de Moncton (Canada). Étudier à l’étranger et particulièrement au Canada me paraissait un objectif impossible à atteindre, d’autant plus que je ne disposais pas de ressources financières. Malheureusement, je ne pouvais pas non plus compter sur un quelconque soutien familial, ni même sur certaines institutions haïtiennes qui n’ont pas répondu favorablement à toutes mes demandes d’aide financière. Je croyais fortement que tout allait bien se passer. Mes précédentes expériences difficiles m’avaient permise de murir ma foi en ce Dieu de l’univers qui s’est toujours présenté à ses disciples en de multiples occasions comme le Dieu de l’impossible. C’est aussi ce Dieu qui s’est révélé à moi comme Celui qui change l’impossible en possible.

Je suis issue d’une famille de neuf (9) enfants. Pas spécialement nantis financièrement, mes parents m’ont offerte les deux meilleurs cadeaux de ce monde : Dieu et l’éducation. « Dieu d’abord » est le slogan de ma famille. Jusqu’à date cette phrase est écrite partout dans la maison, question de rappeler l’importance d’inviter Dieu dans tous les détails de notre existence.

À côté de cette croyance centrée sur Dieu, mon père nous rappelait que la route de la réussite nous sera longue. Ainsi, même avec le ventre vide, il nous exhortait à étudier pour équiper au maximum nos esprits. Il voulait épargner ses enfants de la misère que lui et sa famille ont connue depuis leur existence. En Haïti, si tu proviens d’une famille sans ressources financières, sans patrimoine, voire sans nom prestigieux, la porte de la réussite s’ouvre avec beaucoup de difficultés.

Son exhortation allait toujours dans le sens d’aimer Dieu et de développer un amour parallèle pour nos activités académiques. Pour matérialiser cette vision, il disposait de tout son temps pour nous enseigner la parole de Dieu, préparait de quoi manger chaque matin quand il y avait la possibilité de nous scolariser. De plus, il se donnait la peine de faire le suivi de nos apprentissages à la maison et se renseignait sur nos comportements à l’école.

Dieu peut tout, même sans nos participations. Il aimerait que nous aussi fassions notre part malgré tout. C’est ce qu’Il a fait avec Moise face à la mer rouge et Eli face au Jourdain. Avec en mémoire ces exemples, je ne cessais de prier, tout en me concentrant inlassablement sur mes études.

Poussée par l’idée de devenir enseignante et chercheuse à l’université, j’ai envoyé des demandes d’admission au second cycle en France, au Mexique, en Bulgarie, au Québec et à Moncton avec une préférence pour celle-ci. Chaque niveau du processus avait son lot de difficultés. J’ai même été tentée de désister. Des proches me conseillaient de me focaliser sur les autres admissions qui paraissaient plus faciles plutôt que celle de Moncton. Je les faisais savoir que Dieu ne me laissera pas tomber parce qu’Il est fidèle et véritable.

Le jour de l’annonce de mon admission fut extraordinaire. L’entrevue s’était déroulée par Skype avec trois membres du jury de l’École de travail social. J’étais tenue de prouver, à travers cette évaluation orale, que j’avais une base solide afin d’accéder à un cycle supérieur. Pendant deux heures, je répondis à toutes les questions.

Programme très contingenté (soumis à des quotas), il faut dire les réponses positives aux demandes d’admission aux étudiants en dehors du territoire canadien étaient rares. Pourtant, à la suite de mon entrevue, le jury m’informa de mon admission et m’invita à poser une question si je le voulais bien. Ce que je fis. ‘Est-ce que l’université dispose de fonds pour aider une étudiante internationale à poursuivre ses études parce qu’il me sera impossible de payer mes études toute seule ?’ Voici ce que la directrice adjointe s’empressa de répondre : ‘Je ferai tout ce qui est en notre pouvoir pour que tu sois parmi nous.’ Effectivement, j’ai reçu une bourse d’assistante de recherche qui m’a permis de couvrir tous mes frais de scolarité et de subsistance. C’est ainsi que Dieu a fait de sa Parole une réalité dans ma vie : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

En quittant Port-au-Prince, les miens s’inquiétaient encore de la tournure qu’allait prendre les choses. Naturellement, le fait de se rendre dans un lieu inconnu à des milliers de kilomètres évoque la peur et le doute. Quoique les poches vides, j’avais l’assurance certaine que tout ira bien, même si par moment les réflexions humaines nous ramènent sur terre. Celui qui a fait la promesse demeure fidèle et Il ne peut se renier lui-même.

Arrivée à l’aéroport de Moncton, j’ai été accueillie par mon directeur de recherche qui s’est chargé de me conduire jusqu’à mon logement. Dieu a utilisé sa famille pour m’accommoder dans une atmosphère de convivialité. Ainsi, j’ai pu compter sur leur aide pour m’adapter même si la température ne m’a pas laissée indifférente.

Cette bénédiction divine a fait naitre en moi l’obligation de servir et de m’impliquer dans cette communauté qui a pris le soin de m’accueillir. Je me suis tout de suite impliquée dans le centre d’intégration des immigrants de Moncton (CAFI).

Malgré les petites maladies à répétition dues aux hivers rudes, Dieu a toujours mis des anges sur mon chemin qui m’ont permis à chaque étape de rester constante. Je vais bientôt terminer mon cursus de spécialisation en travail social. Je me sens reconnaissante envers Dieu parce qu’Il a toujours été avec moi. Je me permets à ce niveau d’utiliser les paroles d’un cantique : « Compte les bienfaits de Dieu, Mets-les tous devant tes yeux, Tu verras en adorant combien le nombre en est grand ! » Je peux vraiment vous assurer que le nombre en est grand. Il suffit d’être reconnaissant, à l’instar de l’unique lépreux qui était revenu pour remercier Jésus de l’avoir guéri. Car, en plus de sa guérison, il a trouvé la faveur de Dieu pour accéder au paradis.

1 COMMENT

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here