Résoudre les conflits… c’est possible !!!

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Des années passées, une grande statue du Christ a été érigée sur une montagne entre l’Argentine et le Chili pour symboliser la paix entre ces deux pays. Or, peu après, les Chiliens ont commencé à se plaindre que la statue leur faisait dos ce qui a provoqué bien des tensions. Finalement, un journaliste chilien viendra résoudre l’impasse en ripostant, avec humour, que les Argentins avaient davantage besoin que Christ les surveille. Est-ce qu’il t’arrive parfois d’avoir des conflits ?

Personne n’aime les conflits, mais ils sont inévitables. Dans les sciences linguistiques, la question des conflits ne se pose plus, on se demande plutôt quand ça va surgir. Les conflits ne sont pas forcément mauvais. Les seuls gens qui n’en ont pas sont ceux qui sont isolés et qui ne font rien. Les conflits peuvent signaler qu’il y a de la vie, du mouvement. Puis ils nous rappellent que Dieu, dans sa créativité, nous a tous créés de façon différente avec une vision unique des choses. Le but n’est pas d’éviter les conflits, mais de bien les gérer.

Dans Actes 15, l’Église est dans une impasse, car des judéo-chrétiens veulent imposer la circoncision. Alors que la jeune église était en plein essor, allait-elle pouvoir surmonter ce défi ? Dans un monde où les gens redoutent les conflits et ne savent pas les résoudre, où les gens se boudent, se parlent dans le dos, gardent des rancunes, il devient urgent de connaître les meilleures façons de les affronter pour qu’ils ne soient plus des cauchemars. Que ce soit dans l’église, dans les amitiés, dans le mariage et même dans notre milieu de travail/étude, regardons ensemble ce que la Bible nous enseigne sur ce sujet épineux.

 

  1. Résoudre le conflit avec soi-même

Cette étape est capitale car d’elle dépend la suite des choses, si la situation va s’aggraver ou se calmer. Pour les personnes plus émotives, c’est peut-être l’étape la plus difficile.

* Gérer ses émotions

Tu as probablement déjà entendu le dicton « Les gens blessés blessent ». Eh bien ! Sans d’abord résoudre le conflit avec soi, on risque d’empirer les choses et de causer de plus graves blessures. S’il y en a un qui connaissait le conflit, c’est bien le roi David. Un jour qu’il s’est senti trahi par ses ennemis, il écrit une prière qu’on peut lire aujourd’hui, « O Dieu ! sauve-moi par ton nom, … Voici, Dieu est mon secours, Le Seigneur est le soutien de mon âme » (Psaumes 54 : 1-4). De même, au lieu de réagir rapidement et émotionnellement à une situation, notre premier réflexe devrait toujours d’aller dans la présence de Dieu pour y puiser notre réconfort et pour se ressaisir. Car il existe un danger dans la précipitation, comme le montre Proverbes 19 : 2 : « Et celui qui précipite ses pas tombe dans le péché ». Je suggère toujours de prendre trois jours de prière avant de réagir à une situation. De toute évidence, une aussi longue durée n’est pas recommandée pour le cas du mariage, mais peut être remplacée par une bonne et longue marche de réflexion et de prière à l’extérieur.

* Se poser les bonnes questions

Une fois en retrait, sonde ton cœur en toute honnêteté. Crois-le ou pas, tu n’as pas toujours raison ! Ou pas totalement du moins. Il faut se poser les bonnes questions : Est-ce que c’est moi qui ai mal agi ? Ai-je des fausses attentes ? Sont-elles irréalisables ? Est-ce que je m’attends de cette personne à quelque chose que je devrais obtenir en Dieu ? Est-ce que ma perspective sur le sujet est trop étroite ? Est-ce que je réagis à la lumière de mes propres sensibilités ou insécurités ? Puis finalement, est-ce que c’est possible que l’intention de la personne ne fût pas ce que je pensais?

* Faire le pas du pardon

Selon Jésus, le pardon est nécessaire à chaque fois que quelqu’un nous blesse (Matthieu 18 : 21-22). Le pardon consiste à relâcher toutes rancunes, que la personne soit repentante ou non. Laisser aller le préjudice subi et ne pas attendre que la personne s’excuse ou reconnaisse son mauvais acte. Le manque de pardon, c’est comme un cancer. Ça commence petit, mais ça va finir par te détruire à moins que tu ne l’enlèves.

 

  1. Résoudre avec l’autre personne

À ce niveau, vous accomplissez un acte divin. Pour y parvenir, ça commence par s’humilier.

* La réconciliation

Au risque de trop simplifier la chose, la réconciliation c’est de changer l’état d’une relation brisée vers une relation restaurée. Dans la plupart des conflits, la réconciliation ne nécessite pas une rencontre. C’est quelque chose qui se fait automatiquement en pardonnant à la personne. De vouloir tout résoudre dans une relation par une rencontre peut être malsain, fatiguant et ça manque de grâce. S’il fallait, dans un mariage, s’arrêter à chaque fois dans la journée où il y a un petit quelque chose, ça ne finira jamais. En ce sens, les Proverbes nous rappellent que « Celui qui couvre une faute cherche l’amour ».

Mais il peut arriver des cas où une rencontre s’impose pour trouver un terrain d’entente. Par exemple, l’Église dans Actes 15 devait discuter car il s’agissait là d’une divergence d’opinion fondamentale qui enfreignait leur capacité de travailler ensemble. Ainsi, il faut toujours s’interroger sur l’impact dans le futur si la chose est résolue ou non. Si des partenaires désirent travailler ensemble à long terme, alors ils doivent s’accorder sur la direction de fond et sur d’autres modalités importantes de leur fonctionnement. Un autre exemple de situation à résoudre est dans le cas d’une action blessante répétitive.

Si tu as un problème avec quelqu’un qui nécessite une discussion, vas-y ! Ne coupe pas tes relations du moment qu’un problème surgit. Dieu nous a réconciliés avec Lui et Il nous demande de le faire avec les autres. Mais attention, une rencontre ne devrait jamais être faite pour prouver que tu as raison, pour simplement laisser savoir à l’autre qu’il/elle t’a blessé et se vider le cœur, ou pour « guérir ». Tu le fais pour trouver un terrain d’entente pour le futur en faisant tous les efforts possibles pour achever la restauration.

* L’approche

Si tu rencontres quelqu’un, fais-le en privé. En passant, la discrétion et la confidentialité sont très importantes dans un conflit. Ne parle jamais en mal de l’autre personne à d’autres, peu importe. Ta rencontre devrait être de préférence en personne, sinon par téléphone. Jamais par courriel, Facebook, ou texto, c’est trop impersonnel et sujet à d’autres incompréhensions. Tu dois t’assurer que Dieu a d’abord fait son œuvre en toi. Tu dois avoir déjà pardonné et être libre de toutes rancunes et colères. Tu dois approcher la situation avec beaucoup d’humilité et de tact.

* Avoir du tact

Tu dois aussi avoir un plan et savoir comment tu veux résoudre la chose. Tu peux déjà d’avance choisir tes mots pour éviter, par maladresse, d’empirer les choses. Parfois même je les écris pour me rappeler. Si possible, commence la rencontre en exprimant ton appréciation pour l’autre. Je dirais qu’ensuite il est bon de demander pardon si tu as fait quelque chose de mal. Sans pour autant accepter des blâmes qui ne sont pas les miens, je trouve effectivement que dans presque tous les conflits, je peux normalement au moins trouver une chose pour laquelle je peux demander pardon. Cela peut être simplement le ton avec lequel j’ai parlé, par exemple. Je trouve qu’en commençant ainsi, cela désarme beaucoup l’autre personne et m’aide personnellement à adopter dès le départ une posture d’humilité.

* Comprendre le malentendu

Lors de ta rencontre, ne porte pas d’accusations. Demande d’abord des éclaircissements et écoute pour tester tes propres perspectives. Par exemple, tu peux demander qu’est-ce qui s’est passé exactement ce jour-là, ou qu’est-ce qu’elle voulait exactement dire par ses propos. Trop souvent, les conflits sont seulement des malentendus. Si tes préoccupations n’ont toujours pas été résolues, après tu peux exprimer tes perspectives sans juger. Pour ce faire, au lieu d’insinuer quels étaient les intentions de l’autre, dis seulement comment l’acte ou la parole t’a fait sentir : « Quand tu as fait/dit cela… je me suis senti… ». Finalement, communique tes attentes pour le futur, tout en demandant à l’autre de t’exprimer les siennes. Si une réconciliation a été possible, prends le temps d’encourager l’autre et de lui réaffirmer ta loyauté. Si possible, termine dans la prière.

Il est vrai qu’il peut arriver des cas où une réconciliation n’est pas possible, car cela dépend de la volonté des deux parties à s’entendre. Dans les cas les plus complexes, il serait approprié de demander de l’aide d’un chrétien mature si toutes les étapes énumérées dans cet article ont failli. En effet, j’irais même jusqu’à dire qu’un couple marié a le devoir d’aller chercher de l’aide s’il continue à éprouver de grandes difficultés à se réconcilier.

Au final, la résolution de conflit n’est certainement pas tâche facile. Mais ce qui aurait pu bloquer l’Église (Actes 15) dans sa croissance est devenu une porte vers une nouvelle étape d’expansion. En effet, suite à une riche discussion entre les apôtres, ils ont écrit une lettre sous l’inspiration de l’Esprit qui aura comme effet d’encourager l’Église. Dieu veut, à la mesure du possible, que nous ayons des bonnes relations dans notre entourage. L’Amour est plus fort au sortir d’une bonne résolution de conflit. Soyons courageux !

 

Pasteur David Martin

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