Pâques ou les œufs : quel est votre choix ?

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Un brin d’histoire*

Il faut remonter jusqu’à l’Antiquité pour voir des personnes s’offrir des œufs. C’était pour marquer le renouveau que Perses et Égyptiens s’offraient des œufs de poule décorés comme porte-bonheur. Chez les chrétiens coptes (les habitants chrétiens d’Égypte), c’est vers la fin du Ve siècle que l’œuf est rattaché à Pâques.

D’un autre côté, l’œuf c’est un symbole d’une vie nouvelle. Comme une tradition, on observe depuis des siècles des dons d’œufs à Pâques pour fêter le printemps. Il s’agit pour des enfants de Hollande, de France et d’Angleterre de parcourir des maisons de quartier à la recherche d’œufs de Pâques. En Allemagne, les cadeaux emballés en forme d’œufs sont échangés. Dans la tradition russe orthodoxe, les œufs sont bénis à l’église pour ensuite être cuits à Pâques pour le déjeuner. L’implantation de l’œuf comme symbole à Pâques s’est donc généralisée dans le monde si bien que certaines personnes sont rendues à croire que les œufs de Pâques sont magiques. D’autres s’autorisent à croire qu’enterrer des œufs de Pâques pendant un siècle permettra au jaune de se transformer en diamant. La pratique d’offrir des œufs et des lapins en chocolat serait commerciale. Il se pourrait qu’après un carême bien fait, il faille « se sucrer le bec » après s’en être privé.

Par contre, chez les juifs, du temps de la vie de Jésus-Christ et même de nos jours, il y avait un œuf dans le repas de la Pâque juive. Il rappelle la destruction du premier Temple de Jérusalem, mais aussi la résurrection de ce dernier lors de la reprise par Judas Maccabée (dirigeant juif du IIe siècle av. Jésus-Christ).

Sans avoir touché à fond la pratique dite chrétienne de la décoration des œufs de Pâques et de s’offrir des chocolats, il paraît évident qu’elle a été empruntée à l’Antiquité, alors que le christianisme n’existait pas encore. Même que cette pratique de nos jours sort plus d’une pensée commerciale, comparé à ce que les chrétiens coptes lui donnent comme symbolisme depuis la fin du Ve siècle. Sans toutefois détruire les croyances de quiconque, posons-nous cette question : en quoi cette tradition est-elle près de la Parole de YHWH ? Avons-nous besoin d’un tel symbolisme pour comprendre la Pâques chrétienne ? La réponse est non bien sûr !

Malheureusement, cette pratique nous éloigne du but principal de la célébration de cette fête extraordinaire. D’emblée, je vous rassure que je ne suis pas contre de recevoir des chocolats pour cette fête ! En revanche, ceux-ci détournent l’attention à propos du vrai message que nous livre la Pâques chrétienne.

La Pâque juive

D’abord, dans l’Ancien Testament, cette Pâque représentait le passage de l’ange destructeur de la dixième plaie de l’Égypte. Les juifs devaient tuer un agneau, puis répandre son sang sur les contours de leur porte d’entrée de leur maison et manger la viande durant toute la nuit que durerait la plaie. L’ange destructeur, en voyant le sang qui couvrait l’entrée de la maison, passerait leur maison sans faire de mal à la maisonnée. Puis, il leur avait été ordonné de célébrer la Pâques en souvenir de leur libération (symbole de la résurrection nationale). Le nom de ce sacrifice se nommait « agneau pascal ». Je vous encourage à lire le livre de l’Exode au 12e chapitre pour en connaître davantage à ce sujet.

La Pâques chrétienne et les textes du Nouveau Testament

En ce qui concerne notre célébration de la Pâques chrétienne, nous n’utilisons pas le développement cultuel du repas Seder que les juifs ont maintenant. Nous avons un dimanche que nous nommons la Pâques et la célébration change de date année après année selon la tradition du Concile de Nicée (organe qui devait résoudre les problèmes doctrinaux sur la trinité qui divisaient les Églises d’Orient), en 325 de notre ère1. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est la déclaration même que Jean le Baptiste a faite concernant Jésus comme étant l’agneau pascal symbolisant celui de l’Ancien Testament. De plus, il a porté ce symbolisme en rapport avec le salut universel de l’humanité. Jean 1 : 29 affirme : « Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » L’apôtre Paul a lui aussi retenu cette vérité en la dirigeant au sacrifice du Calvaire. Il reconnaît clairement dans 1 Corinthiens 5 : 7-8 Jésus-Christ comme « notre Pâque ». De plus, l’apôtre Pierre le signifie comme le sacrifice qui nous sauve dans 1 Pierre 1 : 19-21.

Ce que nous devons saisir par la Pâques

Chaque pays du christianisme a développé des traditions cultuelles autour de cette fête. Elle est la célébration charnière du christianisme. Car, sans le Calvaire et la résurrection de Jésus-Christ, notre foi serait vaine et sans avenue. Le fait de partager des chocolats viendrait à l’issue du carême de certaines églises du christianisme. Ces chocolats ou ces œufs seraient la récompense de ce jeûne de 40 jours menant au dimanche de Pâques.

Malheureusement, ce qui aurait dû produire une réflexion profonde à partir du symbolisme, a produit une consommation et une attente de pouvoir sortir du carême qui nous fait jeûner de friandises de toutes sortes. Ce faisant, tout l’espace prophétique de Jean le Baptiste, l’écriture de la lettre de l’apôtre Paul et celle de Pierre, passent sous un silence déconcertant; parce que la fête est ramenée à la consommation de friandises pour les enfants au plaisir des parents de les voir heureux.

Pâques est cette opportunité de s’arrêter pour ouvrir nos cœurs à ce que Jésus-Christ s’est offert lui-même pour mourir à notre place en versant son sang à la croix, afin que nous puissions être sauvés. Si Pâques ne représente pas cela, c’est que nous avons perdu de vue cet acte courageux de vouloir sauver des hommes, des femmes et des enfants qui font naturellement le mal (le péché). Qui ferait cela pour des pécheurs aujourd’hui ? Seulement Jésus-Christ s’est livré pour être cet agneau pascal pour nous sauver. N’oublions pas que la Pâques représente, non seulement la mort au Calvaire, mais aussi la résurrection de Jésus-Christ qui nous prouve cet amour incommensurable.

Pâques représente aussi l’ouverture de la Nouvelle Alliance qui nous permet d’être sauvés par la Grâce. Nous n’avons plus besoin de nous relier à des sacrifices et des œuvres méritoires devant Dieu pour aller au ciel.

Pour ma famille, dans le passé nous avons pris une décision. Nous prenons le temps de lire les textes de la Passion dans les Évangiles, d’avoir une réflexion, ensuite dire une prière d’action de grâce, et nous offrons les chocolats.

Je terminerai cet article par la citation des paroles de Jésus-Christ lors de son dernier repas dans Luc 22 : 15-20 : « J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. » J’espère que dorénavant, après avoir pris connaissance de ces notes, la Pâques ne sera plus pour vous une simple fête récréative où chocolats et œufs sont le principal centre d’intérêt. Je vous invite donc à faire votre choix : la Pâques, la vraie, ou les œufs ?

Pour terminer, sur une note plus personnelle, ce que je désire dire à ma famille, surtout que je ne puis assister à leur célébration de la Pâques, c’est que mon cœur est près de vous malgré la distance qui nous sépare. Par contre, le message de la Pâques est qu’un jour nous aurons un temps où il y aura un souper auprès du Seigneur dans sa demeure dans le ciel. J’aimerais que vous y soyez tous sans exception présents à ce souper familial de la famille du Seigneur. Car la Pâques n’est pas seulement le fait de célébrer la résurrection de notre bien aimé Sauveur et Seigneur de nos vies, mais aussi l’annonce de notre propre résurrection de la même teneur que celle que Jésus-Christ a vécu. Je vous encourage donc à ouvrir vos cœurs ; invitez le Seigneur Jésus à venir y vivre et y établir son Esprit Saint pour que nous soyons sauvés et que nous vivions ce jour futur de la grande résurrection des croyants nés de nouveau et sauvés par l’acte du Calvaire que la résurrection même de Jésus-Christ est cette preuve que nous serons tous à sa table.

Que le Seigneur puisse vous bénir à chaque Pâques, shalom !

Rév. René Bouchard M.Th.P.

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