La force du mariage

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D’où nous vient la force du mariage, me direz-vous ? Tout un chacun donne sa réponse. Je me souviens d’une émission de télévision venant de la ville de Sherbrooke dans la province canadienne du Québec. Elle se nommait « La soirée canadienne ». Durant cette émission nous y voyions ce qui faisait la culture du village visité, car l’émission emmenait le téléspectateur dans des villages de campagne pour nous montrer la vitalité des régions rurales de la province. En plus des chants folkloriques, les danses que nous nommions des « set carrés » (danse avec plusieurs couples qui forme un carré), les chansons à répondre (chant qui demande que les participants répondent au chanteur avec la dernière phrase du chant), il y avait le couple le plus âgé du village qui était interviewé concernant la longévité de leur mariage. Leurs réponses étaient plus loufoques les unes que les autres. Pourtant, ils étaient mariés depuis plus de 40 ans pour la plupart, 50 ans pour certains ! En fin de compte, nous n’avions jamais une réponse qui nous permettait de comprendre la force du mariage.

Voyons quelques versets de la Parole du Seigneur afin de lever le voile. Le premier présentera l’aspect physique du mariage, le second l’aspect spirituel et le dernier l’aspect de respect mutuel dans le mariage. Pas à pas, un texte à la fois, j’en discuterai pour préciser la réflexion.

Premier texte : Ecclésiaste 4:9-12

« Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. »

Ce texte faisait allusion à une corde à trois brins. En fait, une corde tressée avec trois brins de cordes. Comment le symbolisme peut-il nous aider à ce stade-ci ? C’est l’observation et la mise en pratique du sujet qui nous éclaire. Un seul brin de corde ne résistera pas longtemps aux à différentes difficultés du monde physique qui nous entourent.

Portons notre attention sur la résistance (l’élasticité) de la corde. Le mariage, fait dans une pensée d’alliance mutuelle et pas seulement sur l’élément du premier amour de la jeunesse, vivra des tensions qui vérifieront l’élasticité morale et physique que le couple éprouvera tout au long de leur union physique. Plusieurs personnes discutent de la représentation du troisième brin du cordage, en sachant que les deux premiers représentent le mari et son épouse. La réponse est sous-entendue que ce serait le Seigneur. Je suis aussi persuadé que la présence du Seigneur au travers du mariage bonifiera le couple. Pourtant dans la Bible nous ne voyons pas le Seigneur se marier avec quelqu’un, sinon au temps des Noces de l’Agneau (Apocalypse 19). Pour l’instant je crois que, et cela avec toute humilité, c’est l’alliance que le couple a faite devant YHWH et les hommes qui représente le troisième brin. Celle-ci a été prononcée de façon mutuelle et sans ambiguïté. La promesse faite est celle de toujours se supporter mutuellement, et ce malgré toutes les tensions (l’élasticité) que la vie terrestre amènera sous leur toit. L’alliance est la première force du mariage.

Deuxième texte : Genèse 2:24

« C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »

Ce deuxième extrait de texte insiste encore sur un fait physique. Celui de « quitter la maison paternelle ». Le jeune couple doit absolument quitter le nid familial et fonder leur demeure avec tout ce que cela implique au tout début. Il y a des ajustements, des réajustements et des ré-réajustements. Surtout lorsque les enfants arriveront dans la famille. La Parole nous enseigne que ce geste signifie plus que la simple action de quitter. Il implique la compréhension de devenir semblable à une seule chair. Ce que je présente lorsque je fais des préparations au mariage comme étant une personne siamoise ayant un seul corps et deux têtes attachées à ce seul corps qui a deux bras et deux jambes et un seul et unique tronc (voir YouTube pour en saisir le contenu : les sœurs siamoises Abigaïl et Brittany Hensel). Ces sœurs Hensel doivent absolument se respecter dans leur intégralité et prendre des décisions qui permettront qu’elles puissent s’épanouir avec leurs dons individuels. Cela demande d’avoir une bonne communication et la reconnaissance des désirs de l’autre. Sinon, il y aura des conflits insurmontables dus au fait qu’elles ont un seul et unique corps pour les deux. Afin de saisir toute l’ampleur, je vous encourage d’aller visionner ces vidéos.

Pour notre couple chrétien, nous devons prendre note de toutes les perspectives du sujet que nous affrontons en reconnaissant nos forces et nos faiblesses afin d’arriver à prendre une décision qui comportera l’essence des deux pensées qui ne sont pas nécessairement communes. Mais essentiellement, cela est à la portée du meilleur pour l’ensemble des possibilités dont celui-ci pourra se servir pour arriver à bon terme au choix désiré. Construire un couple, une vie de famille c’est aussi avoir une entente commune basée sur les forces et les faiblesses des deux parties exposées aux différents choix de la vie commune. Supposez que vous ayez besoin de nouveaux pneus sur votre voiture et que votre épouse ait besoin de changer les rideaux du salon. Quel est le choix principal ? L’homme dira assurément les pneus en évoquant la sécurité et la femme qui voit ses rideaux jaunis par l’éclat du soleil dira que cela est aussi important pour elle, car cela démontre un certain délabrement pour elle et elle est exposée au regard des autres. Deux têtes et un seul corps sont le choix de YHWH pour nous. Pour ma part les deux sont aussi importants, il suffit d’en discuter afin de trouver une piste d’entente et d’accomplissement des deux choses à faire.

Troisième texte : Éphésien 5 : 20-22 et 25-33 (version du Semeur)

« à tout moment et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et parce que vous révérez le Christ, vous vous soumettrez les uns aux autres, vous femmes, en particulier, chacune à son mari, et cela par égard pour le Seigneur […] Quant à vous, maris, que chacun de vous aime sa femme comme le Christ a aimé l’Église : il a donné sa vie pour elle afin de la rendre digne de Dieu après l’avoir purifiée par sa Parole, comme par le bain nuptial. Il a ainsi voulu se présenter cette Église à lui-même, rayonnante de beauté, sans tache, ni ride, ni aucun défaut, mais digne de Dieu et irréprochable. Voilà comment chaque mari doit aimer sa femme comme si elle était son propre corps : ainsi celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car personne n’a jamais haï sa propre chair ; au contraire, chacun la nourrit et l’entoure de soins, comme le Christ le fait pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et les deux ne seront plus qu’une seule chair. Il y a là un grand mystère : je parle de ce que je viens de dire au sujet du Christ et de l’Église. Quant à vous, que chaque mari aime sa femme comme lui-même, et que chaque femme respecte son mari. »

Mon troisième extrait est celui que tous les prédicateurs et enseignants de la Parole du Seigneur utilisent pour démontrer le respect mutuel que se doivent les mariés. Je sais que j’ai volontairement omis le sujet de la soumission de la femme par rapport à son mari. Le sens grec du mot soumission est d’être sous la même mission en reconnaissant les forces de chacun et leur mise en action. Cela veut tout simplement dire que par rapport au texte originel, le verset 22 du livre des Éphésiens au chapitre 5 a été traduit en français dans plusieurs versions comme mettant l’emphase sur la femme seulement. Tandis que dans l’originel, il fait directement suite au verset 21 qui nous enseigne de nous soumettre les uns les autres, homme et femme. La version de la Bible du Semeur tient compte du texte originel, ce qui nous permet de saisir que l’emphase n’est pas mise uniquement sur l’épouse, mais le couple*. Le sens n’est pas démocratique non plus; il s’agit plutôt du sens organisationnel retenant l’activité commune de chacune des personnes qui forment le couple tout en respectant les forces et le savoir-faire du couple. Le texte se termine en insistant sur le respect des uns envers les autres. Le contexte est pourtant celui du couple.

Pour terminer, ce billet n’est pas une étude exhaustive du sujet, mais une reconnaissance de ce qui donne la force au couple de résister à toutes sortes d’éventualités qui mettront celui-ci dans une vérification de l’alliance, de la résistance et celui de la reconnaissance des dons que le Seigneur a donnés aux époux. Donc, la force du mariage nous vient bien sûr de la présence du Seigneur au sein du mariage. Les trois éléments à la portée du couple sont « l’alliance » prononcée devant Dieu et les hommes, le départ du nid familial » pour former une nouvelle entité à deux têtes formant un seul tout et celui du « respect mutuel » dans notre activité maritale.

Puisse le Seigneur vous bénir par ce billet, Shalom !

Rév. René Bouchard M.Th.P

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